Réflexion coranique n° 549 : Āyat 4:148 – Confiance et Préservation des Secrets

Bismillah.

لَّا يُحِبُّ اللَّهُ الْجَهْرَ بِالسُّوءِ مِنَ الْقَوْلِ إِلَّا مَن ظُلِمَ ۚ وَكَانَ اللَّهُ سَمِيعًا عَلِيمًا

Allah n’aime pas qu’on profère de mauvaises paroles sauf quand on a été injustement provoqué. Et Allah est Audient et Omniscient.

Sūrat Al-Nisa, No 4, Āyat 148

L’une des qualités les plus importantes pour construire des relations solides est la capacité à garder les secrets. Imaginez un conjoint qui craint qu’une dispute privée soit immédiatement partagée avec des membres de la famille. Non seulement il doit gérer le conflit, mais il doit aussi faire face au stress lié au regard des autres. Divulguer des secrets érode la confiance, diminue l’amour et crée un sentiment d’insécurité.

L’Islam accorde une grande importance à la préservation de la vie privée d’autrui. L’Imam Ali (a) explique magnifiquement ce concept à l’aide d’un langage figuré. Il a dit : « Ton secret est ton prisonnier, mais si tu le révèles, tu deviens son prisonnier. » Dans un autre récit, il a conseillé : « Plus un secret a de dépositaires, plus il se perd. »

Au-delà de la protection des secrets personnels, l’Islam considère la divulgation du secret d’un tiers comme un grand péché appelé namīmah. Cet acte est sévèrement condamné dans les récits islamiques. L’Imam al-Sadiq (a) a décrit la namīmah comme une forme puissante de magie, capable de provoquer de l’animosité et de séparer les amis les uns des autres. Les dégâts causés par la namīmah peuvent être clairement observés dans des situations où des opinions négatives et privées sont rapportées, que le secret vise directement l’auditeur ou qu’il l’affecte indirectement :

  1. Une femme dit à son amie : « Mon mari disait que ton mari lui a dit : “Que Dieu bénisse les célibataires, ils ne savent pas la chance qu’ils ont.” »
  2. De même, une femme dit à son amie : « Mon mari disait que ton mari lui a dit : “Je ne souhaiterais pas mes beaux-parents à mon pire ennemi.” »

On peut seulement imaginer à quel point la femme à qui ce secret est rapporté va se sentir blessée.

Le verset coranique cité ci-dessus établit une règle claire à ce sujet : nous ne devons pas dévoiler les défauts des autres. Cependant, comme il le précise ensuite, il existe des exceptions. Une personne qui a été lésée est autorisée à s’exprimer et à exposer l’injustice qu’elle a subie afin de demander réparation. Toutefois, cette divulgation doit rester limitée. Elle n’est permise que dans la mesure nécessaire pour mettre fin à l’oppression, et elle ne peut être faite qu’à quelqu’un qui a la capacité d’aider.

Parfois, les gens ressentent le besoin de se confier à autrui, utilisant cela comme justification pour révéler un secret. Bien qu’il soit naturel de vouloir parler à quelqu’un, en particulier à une personne digne de confiance, compatissante et pieuse, capable de nous aider, il est crucial de réfléchir attentivement à la loi islamique à ce sujet et de se demander s’il est permis ou non de divulguer ce secret. Rappelons que nous ne trouverons jamais le véritable bonheur en commettant des péchés.

Nous prions Allah de nous accorder la compréhension de nos responsabilités et la capacité de les accomplir. Qu’Il nous donne le contrôle de nos langues afin que nous ne les utilisions que d’une manière qui Lui soit agréable.


Sources: Allāmah Muhammad Husayn Tabātabā’ī, Tafsīr al-Mīzān.