Réflexion coranique n° 547 : Āyat 38:75 – Les conséquences des actions de Iblīs

Bismillah.

قَالَ يَا إِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ أَسْتَكْبَرْتَ أَمْ كُنْتَ مِنَ الْعَالِين

(Allah) lui dit: « Ô Iblīs, qui t’a empêché de te prosterner devant ce que J’ai créé de Mes mains ? T’enfles-tu d’orgueil ou te considères-tu parmi les hauts placés ? »

Sūrat Sād, No 38, Āyat 75

L’histoire d’Iblīs et de son refus de se prosterner devant Adam ‘alayhis-salām est mentionnée à plusieurs reprises dans le Coran. Le verset ci-dessus, ainsi que les six versets suivants, relate la conversation entre Allah ‘azza wajall et Iblīs après son refus de se prosterner devant Ādam, ce qui constituait une violation d’un ordre direct donné par Dieu. Ces versets offrent un aperçu profond de la liberté de choix et du libre arbitre de l’être humain, deux concepts centraux de la théologie islamique. De nombreuses leçons importantes peuvent être tirées de cette histoire.

  1. Liberté de choix
    Le fait qu’Allah subhānahu wata‘ālā permette à Iblis de prendre sa propre décision tout en sachant qu’il s’agira d’une décision de rébellion souligne le rôle fondamental du libre arbitre dans la création d’Allah. Ce passage nous rappelle que même en cas de désaccord, les humains et les djinns peuvent choisir comment ils répondent aux ordres d’Allah. (Al-Qurtubī, Ibn Kathīr)
  2. La souveraineté et la justice d’Allah
    Si Allah donne à Iblīs la liberté de rejeter Son commandement, Il veille également à ce que Sa justice prévale. La désobéissance d’Iblīs entraîne des conséquences. Il est chassé du Paradis et est maudit, mais cette punition intervient après qu’Iblīs ait eu la liberté d’agir. Le jugement d’Allah n’est pas arbitraire, mais plutôt une réponse à l’action d’Iblīs. La liberté s’accompagne de la responsabilité d’agir correctement.
  3. Temps pour réfléchir et se racheter
    Quand Iblīs demande un délai jusqu’au Jour du Jugement (voir Q:79-81), Allah accepte sa demande. Malgré la rébellion d’Iblīs, Allah ne le détruit pas tout de suite, mais lui donne du temps, ce qui permet à Iblīs (et par extension, aux humains) de réfléchir à leurs actions. Même pour ceux qui le rejettent, Allah n’impose pas de jugement immédiat, bien qu’il en ait la capacité, laissant finalement la possibilité d’un jugement complet au Jour du Jugement.
  4. Le rôle de l’orgueil et de l’arrogance
    Le refus d’Iblīs de se prosterner devant Ādam, motivé par son orgueil, car il estime que le feu est supérieur à l’argile, prouve qu’Allah permet aux êtres d’agir selon leurs penchants intérieurs. Cela signifie que l’essence du libre arbitre n’est pas seulement la capacité d’agir, mais aussi la capacité de choisir en fonction de ses motivations internes, qu’il s’agisse d’une soumission humble ou d’une arrogance orgueilleuse. La liberté d’Allah permet à Iblīs d’agir selon sa rébellion arrogante qui façonne son destin.

Il existe une belle nuance dans le fait que la liberté ne consiste pas seulement à être sans limites, mais qu’elle est toujours liée à la responsabilité et aux conséquences. Dans le Coran, la liberté est souvent associée à la responsabilité, et chaque action humaine est soumise à la justice et à la sagesse divines. Le choix d’Iblīs de défier le commandement d’Allah et les conséquences qui en ont découlé rappellent de manière frappante l’importance de la responsabilité dans l’exercice de sa liberté.

Nous prions pour tous les croyants à travers le monde, en particulier pour le peuple palestinien qui fait preuve d’une grande résilience.

Sources: Abū ‘Abdullāh Muhammad ibn Ahmad ibn Abī Bakr al-Ansārī al-Qurtubī, Tafsīr al-Qurtubī; Abū al-Fidā Ismā‘īl ibn ‘Umar ibn Kathīr al-Dimashqī, Tafsīr al-Kathīr.