Bismillah.
فِي بُيُوتٍ أَذِنَ اللَّهُ أَن تُرْفَعَ وَيُذْكَرَ فِيهَا اسْمُهُ يُسَبِّحُ لَهُ فِيهَا بِالْغُدُوِّ وَالْآصَالِ
Dans des maisons qu’Allah a permis que l’on élève, et où Son Nom est invoqué ; Le glorifient en elles matin et après-midi.
Sūrat Nur, No. 24, Āyat 36
Après avoir mentionné la lumière d’Allah dans le verset 35 de cette sourate, ce verset traite des maisons dans lesquelles se trouve cette lumière. Il est dit que ce sont des demeures qu’Allah ‘azza wajall a permis de s’élever afin que Son nom y soit invoqué et qu’Il y soit glorifié.
Être élevée, dans ce verset, signifie être exaltée en rang. La demeure est honorée et tenue en haute estime. Tout honneur n’appartient qu’à Allah subhānahu wata’ālā. Ce que possèdent les autres n’est que ce qu’Il leur permet d’avoir. Ainsi, ces demeures sont celles qui ont reçu l’honneur de Sa part à travers leur lien avec Lui. Leur honneur et leur rang tiennent au fait qu’Il y est invoqué. Les habitants de la demeure glorifient Allah. La mention « matin et après-midi » dans ce verset, signifie que la glorification s’accomplit en tout temps, et non uniquement à ces moments précis. C’est uniquement la glorification de Dieu qui est mentionnée ici, et non Sa louange. Cela s’explique par le fait que la glorification est une étape préliminaire à la louange. Une fois que tout ce qui ne Lui convient pas est nié par la glorification, ce qui demeure est la perfection de la connaissance de Dieu. C’est après cela qu’Il est loué.
Une application de ce verset concerne les mosquées, où Allah est rappelé et glorifié. Cela s’applique également aux maisons où vivent des personnes qui invoquent et glorifient Allah. La plus excellente de ces applications serait les demeures des élus de Dieu. Une narration de l’Imam al-Bāqir ‘alayhis-salām dit : Ce sont les maisons des Prophètes, et la maison de ‘Alī en fait également partie. Selon une autre narration, alors que le Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam récitait ce verset, quelqu’un demanda à quelles maisons il faisait référence. Un homme se leva et désigna la demeure de ‘Alī (a) et de Fātimah (a) en demandant si elle en faisait partie. Le Prophète (s) répondit : Oui, et elle compte parmi leurs meilleures.
La demeure de Fātimah (a) était un lieu d’exception doté d’un rang spirituel éminent. La lumière d’Allah s’y trouvait. Cette demeure présentait les caractéristiques suivantes, qui la distinguaient des autres foyers :
- Un lieu de rappel constant d’Allah (swt). L’adoration et la glorification, le nourrissement des pauvres, l’éducation des enfants dans la voie de Dieu, l’aide à son prochain… étaient autant de façons dont ce foyer servait Dieu.
- Un foyer où le Coran était récité et appris. Le savoir était échangé entre les membres du foyer et transmis aux autres.
- Un havre pour le Prophète d’Allah (s). Le Prophète (s) y passait du temps avec ceux qu’il aimait. C’est là qu’il trouvait paix et joie, un lieu qu’il visitait souvent.
- Un lieu où les anges descendaient. Selon une narration de l’Imam al-Bāqir (a), la demeure de Fātimah (a) était un lieu où les anges allaient et venaient. C’était une demeure reliée aux cieux, dont le toit métaphysique n’était autre que le Trône d’Allah.
- Un foyer choisi par le Prophète d’Allah pour sa fille. Lorsque le Prophète (s) organisa les logements de ses épouses, il réserva une place pour sa fille. Quand ‘Alī (a) et Fātimah (a) se marièrent, il les conduisit tous deux vers la demeure qu’il avait choisie pour eux. Après les y avoir laissés, il pria Allah de les purifier, eux et leur descendance.
- Un lieu simple et détaché du monde. Cette maison ne contenait aucun ornement mondain, seulement des choses simples nécessaires à la vie quotidienne. Plutôt que d’acquérir du superflu, ils dépensaient pour les pauvres et les nécessiteux.
Les foyers sont des lieux précieux pour ceux qui y vivent. Beaucoup de bien peut provenir des maisons connectées à Allah. Qu’Allah le Tout-Puissant nous accorde le tawfīq d’avoir des demeures dans lesquelles Il est invoqué et qui obtiennent leur rang grâce à leur lien avec Lui.
Source: ‘Allāmah Ṭabātabā’ī, Tafsīr al-Mīzān.