Réflexion coranique n° 557 : Āyat 11:113 – La position de Sayyidah Fātimah (a)

Bismillah.

وَلَا تَرْكَنُوا إِلَى الَّذِينَ ظَلَمُوا فَتَمَسَّكُمُ النَّارُ وَمَا لَكُم مِّن دُونِ اللَّهِ مِنْ أَوْلِيَاءَ ثُمَّ لَا تُنصَرُونَ

Et ne vous penchez pas vers les injustes: sinon le Feu vous atteindrait. Vous n’avez pas d’alliés en dehors d’Allah. Et vous ne serez pas secourus.

Sūrat Hūd, No. 11, Āyat 113

Ce verset se trouve vers la fin de la sourate Hūd, un chapitre dans lequel Allah relate les histoires de plusieurs prophètes : Nūh, Hūd, Sālih et Shu‘ayb, que la paix soit sur eux. Comme l’explique Allāmah Tabātabā’ī, ce verset revient sur ces récits. Chaque communauté s’était finalement divisée en deux groupes face à l’appel divin: ceux qui croyaient et ceux qui rejettaient. Le verset met en garde le Prophète et, par extension, l’ensemble de la communauté musulmane contre toute tendance à se rallier au second groupe. Il met en garde contre toute tendance à se rapprocher des ennemis de la vérité ou à dépendre d’eux — que ce soit en transigeant sur les principes religieux ou en leur accordant une influence au sein de la communauté musulmane.

Le verbe « tarkanū » exprime une forme de dépendance accompagnée d’une inclination intérieure ou d’une sympathie — une forme subtile mais dangereuse de concession.

L’un des plus beaux exemples de quelqu’un qui a pleinement incarné ce conseil divin est Sayyidah Fātimah (a). Parmi ses nombreuses vertus, son courage face aux injustices de son époque brille tout particulièrement — une tâche que même l’imam ‘Alī (a) n’a pas pu accomplir ouvertement en raison de considérations impératives. Il était :

  • chargé par le Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālih de faire preuve de patience lorsque ses droits lui étaient bafoués, et
  • conscient que prendre une position ferme à ce moment-là aurait déclenché une guerre civile et menacé la survie même de la jeune nation musulmane.

Face à ces contraintes, Sayyidah Fātimah (a) a s’est soulevée pour lutter contre l’oppression. Au cours de ce combat, son enfant à naître est devenu un martyr, et elle-même allait bientôt subir le même sort. Dans le cadre de son engagement, elle a prononcé deux discours profonds :

  1. À la mosquée du Prophète (s) — en commençant par :
    « Al-hamdu lillāhi ‘alā mā an‘ama — Louange à Allah pour ce qu’Il nous a accordé.
  2. Aux femmes de Médine pendant sa dernière maladie — lorsqu’elles lui demandèrent comment elle s’était réveillée ce matin-là, elle répondit :
    « Asbahtu wallāhi ‘ā’ifatan li-dunyākunna — Par Allah, je me suis réveillée peu encline à votre monde. »

Ces deux discours constituaient des appels pressants visant à alerter la communauté musulmane sur la déviation qui s’était installée — en particulier le non-respect des droits des Ahl al-Bayt et de l’imam ‘Alī (a). À un moment donné lors son deuxième discours, elle réprimande ceux qui se sont opposés à l’imam ‘Alī (a), en déclarant :

Qu’est-ce qui les a poussés à s’opposer à Abū al-Hasan ? Par Allah, ils lui en voulaient pour le tranchant de son épée, son indifférence face à la mort, la puissance de ses coups, la force de ses frappes et son audace sur le chemin d’Allah.

Sayyidah Fātimah (a) a ainsi laissé un héritage sacré, celui de dire la vérité face au pouvoir, de résister à la tyrannie et d’affronter les dirigeants injustes avec une détermination inébranlable — une voie que sa fille Zaynab a ensuite incarnée à Kūfah et à Shām, et que ses nobles descendants ont perpétuée.

Sa vie montre comment la foi, le courage et l’éloquence s’unissent pour défendre la vérité, faire respecter la justice et rester fidèles à la volonté divine, même dans les circonstances les plus difficiles.

Nous prions Allah de nous accorder la force de suivre l’exemple de Sayyidah Fātimah (a), en menant une vie basée l’intégrité, la détermination et le dévouement, et en luttant pour la justice dans tous les aspects de notre vie.

Sources: Allāmah Tabātabā’ī, Al-Mīzān; Ayatullāh Sa’ādat Parwar, Jilveh-ye Nūr.