Bismillah.
فَاسْتَقِمْ كَمَا أُمِرْتَ وَمَن تَابَ مَعَكَ وَلَا تَطْغَوْا ۚ إِنَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرٌ
Demeure sur le droit chemin comme il t’a été commandé, ainsi que ceux qui se sont repentis [à Allah] avec toi. Et ne commettez pas d’excès ! Car vraiment Il observe ce que vous faites.
Sūrat Hūd, No. 11, Āyat 112
Le Messager d’Allah sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam aurait dit : « La [Sūrat] Hud et ses sœurs m’ont fait blanchir les cheveux. » Ce récit a suscité de nombreuses réflexions et interprétations parmi les savants musulmans. Il est généralement associé au verset de la sourate Hud mentionné précédemment. La difficulté de ce verset réside non seulement dans l’injonction faite au Prophète lui-même d’être constant, mais aussi dans la responsabilité supplémentaire d’assurer la constance de sa communauté. Le verset précise : « ainsi que ceux qui se sont repentis [à Allah] avec toi », ce que des savants comme Mullā Hādī Sabzawarī interprètent comme une responsabilité accrue pour le Prophète. Il devait vivre de manière à être non seulement constant, mais aussi un exemple, un guide et une source d’inspiration, conduisant constamment ses fidèles sur le droit chemin. Cette double responsabilité rend ce commandement particulièrement difficile et n’est pas présente dans des versets similaires, comme le suivant, qui ordonne seulement au Prophète d’être ferme :
فَلِذَٰلِكَ فَادْعُ ۖ وَاسْتَقِمْ كَمَا أُمِرْتَ ۖ وَلَا تَتَّبِعْ أَهْوَاءَهُمْ ۖ
Appelle donc (les gens) à cela ; reste droit comme il t’a été commandé ; ne suis pas leurs passions. (Q 42 :15)
Le fardeau de guider toute une communauté, de veiller à sa rectitude spirituelle et à sa foi inébranlable, pesait lourd et contribua au vieillissement prématuré du Prophète.
Une perspective différente, mais tout aussi convaincante, est offerte par le grand commentateur ‘Allāmah SMH Tabātabā’ī. Il réfute l’idée que le commandement de la constance de la Oumma soit la cause du grisonnement des cheveux du Prophète. Il souligne que d’autres récits associent ce grisonnement à d’autres sourates, au-delà de la seule sourate Hūd. Par exemple, un récit mentionne explicitement : « Les sourates Hūd et al-Wāqi‘ah ont fait blanchir mes cheveux.» L’inclusion d’autres sourates, comme al-Wāqi‘ah, suggère que la raison ne se limite pas à un seul commandement. ‘Allāmah Tabātabā’ī avance que le point commun de ces sourates réside dans la description détaillée et vivante de l’au-delà. Il soutient que ce qui a véritablement accablé le Prophète et l’a fait vieillir, c’est l’image terrifiante et saisissante du Jour du Jugement. Cette perspective est confortée par un autre verset qui déclare :
فَكَيْفَ تَتَّقُونَ إِنْ كَفَرْتُمْ يَوْمًا يَجْعَلُ الْوِلْدَانَ شِيبًا
Comment vous préserverez-vous, si vous mécroyez, d’un jour qui rendra les enfants comme des vieillards aux cheveux blancs ? (Q 73 :17)
Ces deux avis savants, bien que distincts, soulignent tous deux l’immense fardeau porté par le Noble Messager (s). Qu’il s’agisse de l’immense responsabilité de guider toute une nation vers la constance ou de la contemplation angoissante du Jour du Jugement, les récits concernant ses cheveux grisonnants nous rappellent que la mission du Prophète n’était pas simplement un ensemble de commandements rituels, mais une confiance profonde et lourde.
Nous implorons Allah,‘azza wajall par Son noble Messager (s) qui a tant souffert pour nous, de nous pardonner et de nous permettre de persévérer sur son chemin. En commémorant la naissance de notre bien-aimé Prophète (s), souvenons-nous de son immense combat pour nous. Puisse le Tout-Puissant le récompenser de la plus haute des manières, élever son rang et insuffler amour, affection et unité à la communauté du Prophète.
Sources: Āyatullāh Jawādi Āmulī, Tafsīr-e Mawdū‘īy-e Qur’ān-e Karīm (v 6).