Bismillah.
وَلَمَّا بَرَزُوا لِجَالُوتَ وَجُنُودِهِ قَالُوا رَبَّنَا أَفْرِغْ عَلَيْنَا صَبْرًا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ
Et quand ils affrontèrent Goliath et ses troupes, ils dirent : « Seigneur ! Déverse sur nous l’endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle.
Sūrat al-Baqarah No. 2, Āyāt 250
L’histoire de la bataille entre Tālūt (Saül) et Jālūt (Goliath) est brièvement mentionnée dans le Coran. Le prophète Ushmu‘īl (Samuel) avait annoncé au peuple que Tālūt serait leur roi. Lorsque le peuple de Tālūt partit au combat, le camp adverse comptait Jālūt parmi ses rangs. Jālūt était réputé pour sa force et son expérience guerrière.
Le mot ‘barazū’ dans le verset mentionné signifie apparaître et se tenir prêt. Il renvoie ici au moment où Jālūt et son armée apparurent sur le champ de bataille. Lorsque les deux armées, celle de Tālūt et celle de Jālūt, se firent face, les chances semblaient pencher en faveur de l’armée de Jālūt. Cependant, le petit groupe qui accompagnait Tālūt avait pleinement confiance en Allah ‘azza wa-jall. Au lieu de paniquer, ils se tournèrent vers Allah, comme le font les croyants lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés et des épreuves apparentes. Auparavant, lorsque certains avaient montré de la faiblesse, le groupe de Tālūt leur avait rappelé :
كَم مِّن فِئَةٍ قَلِيلَةٍ غَلَبَتْ فِئَةً كَثِيرَةً بِإِذْنِ اللَّهِ ۗ وَاللَّهُ مَعَ الصَّابِرِينَ
Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Allah est avec les endurants. (Q 2:249)
L’armée de Tālūt était prête à combattre mais elle invoqua également l’aide divine. Remarquez comment la supplication et l’action vont de pair. Ils ont prié pour trois choses :
- Ils demandèrent la patience au plus haut degré, un déversement total, comme lorsque l’eau est versée d’un récipient jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Notez les quatre points suivants qui montrent la profondeur de cette première invocation :
- Elle commence par ‘Rabbanā’ – notre Seigneur, Celui qui éduque, soutient, prend soin et se préoccupe. De nombreuses invocations dans le Coran commencent par ce terme.
- Afrigh – déverse sur nous, plutôt que « accorde-nous ».
- ‘Alaynā – sur nous, au-dessus de nous, venant d’en haut.
- Sabran – avec un tanwīn indiquant l’indétermination, utilisé ici pour l’emphase. Ils demandent la patience car elle est une condition prérequis du succès.
- Ils demandent que leurs pieds soient fermement établis. La première invocation concernait l’aspect intérieur de l’être humain, tandis que celle-ci concerne l’aspect extérieur. Ils souhaitent être physiquement solides et constants, un fruit de la patience qui leur est accordée.
- Ils demandent la victoire sur leurs ennemis. C’est l’objectif principal de leurs actions et le résultat attendu de la patience et de la fermeté face à l’ennemi.
Ces invocations révèlent leur foi et la sincérité de leur intention. Ils combattaient un peuple qui ne croyait pas en Allah subhānahu wa-ta‘ālā. Leur motivation n’était pas personnelle. Ils avaient été pris pour cible par les ennemis en raison de leur foi en Allah et en Ses prophètes. C’est ainsi que pensent les croyants lorsqu’ils affrontent un ennemi qui n’est pas seulement leur ennemi, mais aussi l’ennemi d’Allah (swt). Leur foi et leur détermination ne sont pas ébranlées par les démonstrations extérieures de force de l’adversaire. Ils savent qu’à l’intérieur se cache un vide qui rend l’ennemi vulnérable à la peur.
Nous observons cette différence de moral spirituel entre les deux camps dans les batailles qui se déroulent aujourd’hui. Les oppresseurs affichent beaucoup de puissance et de force, mais ils ne peuvent égaler la foi et la détermination des croyants. L’issue réelle d’une bataille dépend davantage de la force intérieure que de la puissance extérieure.
La tragédie de Karbala est un exemple éloquent de la différence de moral entre les deux camps. L’un combattait pour Dieu, afin de maintenir la justice et défendre la véritable mission divine. L’autre combattait contre Dieu et contre Son représentant de l’époque. Il n’a pas fallu longtemps pour que le monde comprenne qui était véritablement victorieux dans cette bataille. C’est une leçon qui se répète à travers l’histoire, clairement manifestée à Karbala, et qui se déroule encore sous nos yeux aujourd’hui. Que le Tout-Puissant soutienne le groupe de croyants qui se dressent contre les oppresseurs pour l’amour de Dieu et leur accorde un moral indéfectible.
Sources: Āyatullāh Nāsir Makārim Shirāzī (éd.), Tafsīr-e Namūneh; Rizwan Arastu, God’s Emissaries – Adam to Jesus.