Bismillah.
وَمِنَ اللَّيْلِ فَتَهَجَّدْ بِهِ نَافِلَةً لَّكَ عَسَىٰ أَن يَبْعَثَكَ رَبُّكَ مَقَامًا مَّحْمُودًا
Et de la nuit consacre une partie [avant l’aube] pour des Salat surérogatoires : afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire (Maqāmun Mahmūd).
Sūrat al-Isrā No. 17, Āyat 79
Dans la Sourate al-Isrā, après une série d’injonctions divines, Allah ‘azza wajall s’adresse au Noble Messager (s) dans le verset susmentionné. Ce verset relie l’acte de dévotion personnel du Prophète — la prière surérogatoire de la nuit — à une grande récompense : une « Position de Gloire ». Pour comprendre la signification de cette station, nous avons recours aux ahādīth.
Les hadiths chiites et sunnites expliquent tous deux la « Position de Gloire » mentionnée dans ce verset comme étant la position de la shafā‘ah (intercession). Par exemple, le savant sunnite Jalāl al-Dīn al-Suyūtī rapporte dans son Tafsīr al-Durr al-Manthūr que ‘Abdullāh ibn ‘Umar a dit : En vérité, au Jour du Jugement, les gens se trouveront agenouillés, chaque nation suivant son prophète, disant : « Ô untel ! Intercède pour nous », jusqu’à ce que l’intercession parvienne au Prophète (s). C’est ce Jour-là qu’Allah l’élèvera à la Position de Gloire (al-maqām al-mahmūd).
‘Allāmah Tabātabā’ī, dans son tafsīr, cite le Tafsīr al-‘Ayyāshī, sur l’autorité de ‘Ubaydah bin Zurārah, concernant afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire (Q 17:79) — d’après l’Imam Mūsā al-Kāzim (a), qui a dit : Au Jour de la Résurrection, les gens se lèveront pour quarante ans. Le soleil recevra l’ordre de descendre juste au-dessus des têtes des gens. Ils seront engloutis par la sueur, et la terre aura l’ordre de n’en absorber aucune goutte. Les gens se tourneront vers Adam pour qu’il intercède en leur faveur, mais il les renverra vers Noé. Noé les renverra vers Abraham ; Abraham les renverra vers Moïse ; Moïse les renverra vers Jésus. Jésus les renverra vers Muhammad : « Allez voir Muhammad, le Sceau des Prophètes. » Muhammad leur dira : « Je suis d’accord ! » Il se dirigera alors vers la porte du Paradis et frappera. On lui demandera : « Qui est-ce [à la porte] ? » — alors qu’Allah sait mieux que quiconque. Muhammad répondra : « Ouvrez la porte ! » Lorsque la porte s’ouvrira, il rencontrera son Seigneur et se prosternera. Il ne relèvera pas la tête [de la prosternation] jusqu’à ce qu’il lui soit dit : « Parle ! Demande, et il te sera accordé ! Intercède, et ton intercession sera acceptée. » Il relèvera la tête, se retrouvera devant son Seigneur et se prosternera à nouveau. La même chose lui sera dite. Il relèvera alors la tête [et commencera à intercéder], au point qu’il intercédera même pour ceux qui auront été brûlés par le Feu. Au Jour de la Résurrection, nul parmi toutes les nations ne sera plus honorable [pour Dieu] que Muhammad. C’est ce que Dieu dit : afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire. (Tafsīr al-Mīzān, traduction anglaise par T. Raja, vol. 25, pp. 256-6)
Cette croyance en la shafā‘ah du Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam était partagée par la majorité des musulmans pendant des siècles, et n’a été remise en question que par certains, comme le mouvement wahhabite récemment.
Le concept de shafā‘ah est un moyen établi par le divin afin de permettre aux gens d’accéder au salut. Sa véritable nature peut être saisie en examinant ses racines linguistiques. Le mot arabe shafā‘ah est dérivé de la racine shaf‘, qui signifie joindre ou unir une chose à une autre semblable. Cette origine linguistique fournit une perspective importante : celui pour qui l’on intercède doit posséder une similarité indissociable ou un lien avec celui qui intercède. Il ne s’agit pas d’un acte arbitraire d’un tiers. C’est au contraire le fruit des actes d’une personne et de sa valeur inhérente. Une personne méritante, qui par elle-même est trop faible pour atteindre un certain niveau de perfection spirituelle, est élevée par l’intercession d’un être plus parfait.
Tout ce concept doit être fermement compris dans le cadre du Tawhīd, l’unicité absolue d’Allah subhānahu wata‘ālā. L’intercession n’est pas un pouvoir indépendant détenu par quiconque. C’est un don, une permission divine d’Allah Tout-Puissant. Celui qui intercède, qu’il s’agisse d’un prophète, d’un imam ou d’une personne vertueuse, n’agit que par la volonté et la permission d’Allah.
Nous prions Allah de nous gratifier de l’intercession de Son messager (s), et que nous puissions atteindre notre potentiel de proximité avec Lui.
Sources: Ghulāmalī Sanjarī, Darsnāmeye Aqāide Islāmī, ‘Allāmah S.M.H. Tabātabā’ī, Tafsīr al-Mīzān.