Réflexion coranique n° 552 : Āyat 10:43 – La faculté de voir

Bismillah.

وَمِنْهُم مَّن يَنظُرُ إِلَيْكَ ۚ أَفَأَنتَ تَهْدِي الْعُمْيَ وَلَوْ كَانُوا لَا يُبْصِرُونَ

Et il en est parmi eux qui te regardent. Est-ce toi qui peux guider les aveugles, même s’ils ne voient pas ?

Sūrat at-Yūnus, No. 10, Āyat 43

Les êtres humains sont dotés de nombreuses facultés remarquables. L’une des plus importantes est la faculté de voir. Les yeux sont comme une fenêtre ouverte sur le monde. Ils façonnent la perception qu’a l’être humain de la réalité. Allah ‘azza wajall loue cette faculté et encourage les hommes à l’utiliser comme un moyen d’atteindre la guidance. Il invite l’homme à observer les différents phénomènes de ce monde, tels que Ses signes dans Sa création, le caractère de Son prophète et la vie et les structures des civilisations précédentes. Par exemple, Il dit dans la sourate al-Ghāshiyah :

أَفَلَا يَنظُرُونَ إِلَى الْإِبِلِ كَيْفَ خُلِقَتْ
Ne considèrent-ils donc pas les chameaux, comment ils ont été créés (Q 88:17)

Dans ce verset, Allah le Tout-Puissant invite l’homme à observer et à regarder attentivement la manière dont Il a créé le chameau. Le mot yanẓurūna est dérivé du mot naẓarun, qui signifie « regarder » ou « diriger son regard vers quelque chose afin de le percevoir ». Une perception profonde de la réalité ne peut être obtenue en se contentant de regarder un chameau avec les yeux physiques. Il faut regarder avec l’intention de réfléchir et de contempler. Grâce à ce regard intérieur, les signes de la puissance et de la sagesse d’Allah deviendront plus évidents.

Cependant, si la faculté de voir n’est pas utilisée correctement, elle peut également devenir un obstacle à la véritable guidance. Comme tout don divin, lorsqu’il est utilisé à bon escient, il devient une ni’mah (bénédiction), et s’il n’est pas utilisé à bon escient, il devient une niqmah (punition).


On peut déduire du verset étudié qu’il existe deux types de regards :

Le regard étroit d’esprit : une personne au regard étroit d’esprit ne cherche ni à apprendre ni à comprendre. Elle s’accroche obstinément à certaines idées préconçues et les impose à ce que ses yeux peuvent voir. Une telle personne cherche à trouver des défauts et à critiquer les autres au lieu de les écouter et d’apprendre d’eux. Le Coran considère ces personnes comme aveugles. En fait, leur condition est pire que la cécité, car une personne aveugle est incapable de voir, tandis que cette personne choisit de ne pas voir. C’est pourquoi Allah subhānahu wata’ālā dit au prophète : « Est-ce toi qui peux guider les aveugles, même s’ils ne voient pas ? »

Le regard ouvert d’esprit : Il s’agit d’un regard d’observation sincère, cherchant à apprendre et à tirer profit de ce que les yeux peuvent voir. Les véritables compagnons regardaient le Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam avec l’intention d’apprendre de sa bonté et de suivre ses traces.

لَّقَدْ كَانَ لَكُمْ فِى رَسُولِ ٱللَّهِ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ
En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre] (Q 33:21)

Allah (swt) a doté chaque être humain d’un sens de la curiosité. Il a donné la vue (bassar) à chaque être humain et lui a également donné un niveau élémentaire de perspicacité (bassirah). En utilisant bien ces sens, l’être humain peut comprendre le vrai sens de la vie. Il est rapporté que Hārūn al-Abbasi écrivit à l’Imam al-Kazim ‘alayhis-salām en disant : « Donne-moi un conseil bref. » L’Imam (a) répondit : « Il n’y a rien que tes yeux voient qui ne contienne une leçon. » (Shaykh Ṣadūq, Al-Amāli, p. 599).

Nous prions le Tout-Puissant de nous guider en approfondissant notre compréhension et en affermissant notre foi. Il est mentionné dans la supplication que le Saint Prophète (s) a enseignée à l’Imam Ali (a) et qu’il est recommandé de réciter après chaque prière obligatoire : « Ô Allah, remplis mon cœur et mon esprit de véritable illumination, d’intelligence perspicace, de compréhension rapide et de connaissance ». Nous prions pour que l’Imam al-Hujjah ‘ajjallāhu farajah réapparaisse rapidement.

Sources: Āyatullāh Nāsir Makārim Shirāzī (Ed.), Tafsīr-e Namūneh; Shaykh Tabarsī, Tafsīr Majma‘ al-Bayān; Sh. Al-Tūsī, Al-Tibyān fī Tafsīril Quran.