Réflexion coranique n°438. Āyat 10 :7 – Le manque de foi en la vie après la mort

Bismillāh,

Ce verset décrit les qualités des personnes dont les actions entraîneront des pertes et des souffrances dans l’Au-delà. Deux qualités principales sont décrites ici :

1) Le manque d’espoir dans la rencontre avec Allah. Ne s’attendre à rien après la mort rend l’être humain attaché et satisfait du monde. Sans foi en Allah ‘azza wajall et sans croire au retour vers Lui, il n’y a rien d’autre à espérer que la vie éphémère de ce monde. Ainsi, ces personnes deviennent complètement occupées par ce que le monde a à offrir. Allāmah Tabātabā’ī dans Tafsīr al-Mīzān dit que ce manque d’espoir dans la rencontre avec Allah fait référence au manque de croyance au Jour du Jugement. Il n’y a aucun espoir de récompense ni de crainte de punition. La vision du monde d’une telle personne devient dépourvue de tout sens de responsabilités au-delà des limites de ce monde.

Par nature, l’être humain souhaite vivre éternellement et être heureux dans la vie. Lorsque ces instincts se limitent uniquement au monde, il en devient content et satisfait. Tous ses efforts tournent autour de cela. C’est une maladie qui peut être mortelle. Dans l’une de ses supplications, le Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam prie pour que le monde ne devienne pas un tel centre d’intérêt. Il dit : Ne laisse pas le monde être notre plus grande préoccupation ni l’étendue de notre connaissance (Mafatīhul Jinān, Du’ā du 15 Sha‘bān).

L’espoir dans la rencontre avec Allah est une qualité essentielle du croyant. Cela déclenche la motivation pour de bonnes actions. Allah dit dans la Sūrat al-Kahf :

فَمَن كَانَ يَرْجُو لِقَاءَ رَبِّهِ فَلْيَعْمَلْ عَمَلًا صَالِحًا وَلَا يُشْرِكْ بِعِبَادَةِ رَبِّهِ أَحَدًا

Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur (Q 18 :110)

L’espoir dans la rencontre avec Allah est un signe d’amour pour Allah et un désir de retourner vers Lui. Le Prophète (s) dit : Celui qui aimerait rencontrer Allah, Allah aimerait le rencontrer. (Tafsīr al-Nūr).

2) Ne pas prêter attention aux signes d’Allah. Le Ghaflah ou l’insouciance est un état mental qui recouvre l’esprit et fait oublier à la personne ce qui doit être fait pour l’au-delà. C’est une forme de cécité qui recouvre le cœur. Le Jour du Jugement, il sera dit aux mécréants :

لَّقَدْ كُنتَ فِي غَفْلَةٍ مِّنْ هَٰذَا فَكَشَفْنَا عَنكَ غِطَاءَكَ فَبَصَرُكَ الْيَوْمَ حَدِيدٌ

Tu restais indifférent à cela. Et bien, Nous ôtons ton voile ; ta vue est perçante aujourd’hui. 

(Q 50 :22)

Un Hadith de l’Imam Ali (a) dit : L’ivresse de l’insouciance et de la vanité a des conséquences pires que l’ivresse du vin (Ghurar al-Hikam, H 5750).

Les deux qualités ci-dessus amènent un être humain à prendre de nombreuses décisions erronées. Les actions sont basées uniquement sur le souci de l’immédiat. Nous voyons les conséquences tragiques d’une telle vision du monde dans les actions de l’armée de Yazīd à Karbala. Les atrocités qu’ils ont commis alors qu’ils prétendaient être musulmans montraient clairement leur manque de croyance en la rencontre avec Allah et leur insouciance. Nous prenons refuge auprès d’Allah contre ces qualités.

Sources : ‘Allāmah Muhammad Husayn Tabātabā’ī, Tafsīr al-Mīzān ; Āyatullāh Nāsir Makārim Shirāzī (Ed.), Tafsīr-e Namūneh ; Agha Muhsin Qarā’atī, Tafsīr Nūr.