Réflexion Coranique No 525. Āyat 57 : 1 – Glorifier la création

Bismillah.

Le Messager de Dieu (s) a dit : « Certes, Rajab est le mois de Dieu, al-Aṣamm (le Muet), et c’est un mois immense. Il n’a été appelé al-Aṣamm que parce qu’aucun des autres mois ne l’égale en sacralité et en mérite auprès de Dieu. Les gens de l’époque préislamique le vénéraient déjà durant leur ignorance, et lorsque l’islam est venu, il n’a fait que s’accroître en vénération et en mérite. En vérité, Rajab est le mois de Dieu, Shaʿbān est mon mois, et Ramaḍān est le mois de ma communauté. »

Wasā’il al-Shī’ah, vol. 10, p. 475

سَبَّحَ لِلَّهِ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۖ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ‎‏

Tout ce qui est dans les cieux et la terre glorifie Allah. Et c’est Lui le Puissant, le Sage.

Surat Al-Hadid No.57, Āyat 1

La sourate Al-Hadīd, ainsi que six autres sourates du Saint Coran, sont connues sous le nom de Al-Musabbihāt — les Glorificatrices. Les six autres chapitres inclus dans cette catégorie sont : Al-Isrā’ (17), Al-Hashr (59), Al-Jumu‘ah (62), Al-Saff (61), Al-Taghābun (64) et Al-A‘lā (87). Le Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam avait l’habitude de réciter les Musabbihāt avant de se coucher. Certains savants limitent cependant cette catégorie à cinq sourates, sans inclure les sourates 17 et 87.

Une narration de l’Imam Muhammad al-Bāqir ‘alayhis-salām stipule : « Quiconque récite récite les chapitres qui commencent par les louanges de Dieu, les Musabbihāt, ne mourra pas avant de rencontrer l’Imam al-Mahdī (que Dieu Tout-Puissant hâte sa réapparition). Cependant, s’il décède avant son arrivée bénie, il sera le voisin du Messager de Dieu (s). » (Majma‘ al-Bayān).

Ces sourates sont appelées Al-Musabbihāt parce qu’elles commencent par des expressions telles que Subhāna (Gloire à), Sabbaha (Il a glorifié), Yusabbihu (Il glorifie), ou Sabbih (Glorifie !). Le thème central de ces chapitres est la glorification d’Allah ‘azza wa-jall. L’expression Subhānallāh (Gloire à Dieu — Qui est exempt de toute imperfection) est fréquemment utilisée dans la vie quotidienne ainsi que dans les prières (salāt). Elle est récitée dans le rukū‘, le sajda, et dans les tasbīhāt, aussi bien pendant qu’après la prière.

La répétition fréquente de Subhānallāh exprime notre conviction qu’Allah le Tout-Puissant est totalement exempt de toute déficience, imperfection ou limitation. Le style du Coran pour réfuter les défauts ou imperfections que certains pourraient attribuer injustement à Allah est de proclamer dans de nombreux versets : Subhānallāh ‘ammā yasifūn — Glorifié est Allah, bien au-dessus de ce qu’ils Lui attribuent.

Le Coran présente l’histoire du Prophète Yūnus ‘alayhis-salām comme un exemple d’humilité et de dévotion. Après avoir quitté sa communauté dans un état de colère, il se retrouva dans un lieu sombre et inconnu — dans le ventre de la baleine. Malgré ses circonstances, le Prophète Yūnus (a) s’est remis en question lorsqu’il n’a pas su faire preuve de perfection. Il exprima alors une supplication sincère :

لَا إِلَٰهَ إِلَّا أَنتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنتُ مِنَ الظَّالِمِينَ

Pas de divinité à part Toi ! Gloire à Toi ! J’ai été vraiment du nombre des injustes. (Q 21:87)

La glorification d’Allah n’est pas limitée aux êtres animés. Toute la création, y compris les objets inanimés, est investie dans Sa louange. Cela se reflète dans l’usage coranique de « mā » dans le verset correspondant, indiquant que tout est vivant, conscient d’Allah et constamment engagé dans le tasbīh. Lorsque le Prophète Dāwūd ‘alayhis-salām louait Allah, les montagnes et les arbres se joignaient à lui dans la glorification. Bien que ces créatures soient toujours engagées dans le tasbīh, elles harmonisaient leur louange avec la sienne d’une manière unique. Le Coran affirme cela :

وَسَخَّرْنَا ٱلْجِبَالَ مَعَهُۥ يُسَبِّحْنَ بِٱلْعَشِىِّ وَٱلإِشْرَاقِ

Nous soumîmes les montagnes à glorifier Allah, soir et matin, en sa compagnie. (Q 38:18)

La pratique du tasbīh est source de nombreux bienfaits : elle exauce les prières, allège la solitude, inculque la patience, illumine la maison, protège du châtiment, délivre des épreuves et apporte bien d’autres bienfaits.

Nous implorons le Tout-Puissant de nous permettre d’être parmi ceux qui glorifient Son Nom. Nous continuons à prier pour les musulmans opprimés dans le monde. Qu’Allah hâte la réapparition de l’Imam al-Mahdī ‘ajallāhu farajah.

Sources: Āyatullāh Nāsir Makārim Shirāzī (Ed.), Tafsīr-e Namūneh; Shaykh Tabarsī, Tafsīr Majma‘ al-Bayān ; Imam Ali Zaynul ‘Abidin, Sahīfah Sajjādiyyah, ‘Entretien intime de ceux qui évoquent’.