Bismillah.
قَالُوا يَا صَالِحُ قَدْ كُنتَ فِينَا مَرْجُوًّا قَبْلَ هَٰذَا أَتَنْهَانَا أَن نَّعْبُدَ مَا يَعْبُدُ آبَاؤُنَا وَإِنَّنَا لَفِي شَكٍّ مِّمَّا تَدْعُونَا إِلَيْهِ مُرِيبٍ
Ils dirent : « Ô Ṣālih, tu étais auparavant un espoir pour nous. Nous interdirais-tu d’adorer ce qu’adoraient nos ancêtres ? Cependant, nous voilà bien dans un doute troublant au sujet de ce vers quoi tu nous invites ».
(Sūrat al-Hūd, No.11, Āyat 62)
L’un des prophètes arabes fréquemment mentionnés dans le Noble Coran est le prophète Sālih ‘alayhis-salām, qui était à la fois natif du peuple Thamûd et envoyé par Allah comme leur prophète. Dans le verset ci-dessus, même dès son jeune âge, Sālih (a) a montré des qualités remarquables qui ont inspiré l’espoir dans sa communauté. Ils ont vu en lui le potentiel de diriger et d’élever leur société. Cet espoir a été nourri très tôt, comme les récits indiquent que Sālih (a) n’avait que seize ans quand Allah l’a nommé prophète.
La reconnaissance des qualités uniques de Sālih à un si jeune âge sert de rappel du potentiel inhérent que possèdent les enfants. Chaque enfant naît avec des capacités uniques qu’il faut cultiver et développer. Certains enfants peuvent être des penseurs rapides avec de fortes capacités intellectuelles, tandis que d’autres sont plus lents mais font preuve de méticulosité et de persévérance. Les deux traits ont des forces et des faiblesses. Cette diversité reflète peut-être ce que l’Imam al-Sādiq (paix sur lui) voulait dire quand il a dit : Les gens sont comme des mines, comme des mines d’or et d’argent. Le point essentiel est que ces capacités atteignent leur plein potentiel lorsqu’elles sont nourries par les enseignements de l’Islam. L’obéissance à Dieu agit comme l’élixir qui affine et perfectionne les individus, canalisant leurs potentiels uniques dans des directions positives et significatives.
Un exemple remarquable d’un dirigeant influent de la communauté musulmane moderne qui a fait preuve de qualités exceptionnelles dès son plus jeune âge est le savant martyr Sayyid Muhammad Bāqir al-Sadr. À seulement 21 ans, il est l’auteur d’un traité sur usūl al-fiqh (les principes de la jurisprudence islamique) intitulé Ghāyat al-Fikr. Dans l’introduction, al-Sadr note qu’il a commencé à écrire cette œuvre trois ans plus tôt, ce qui signifie qu’il n’avait que 18 ans à l’époque. Malgré sa jeunesse, son humilité est évidente dans ses paroles, comme il écrit :
Si vous trouvez que les discussions dans ce livre contredisent ce qui est communément entendu des mots établis, cela n’est pas dû à un manque d’orientation de la part des professeurs estimés et des grands érudits. Elle provient plutôt de mon incapacité à atteindre leurs sommets intellectuels et à correspondre à leurs idées précises. Mon seul espoir est qu’Allah, le Très-Haut, m’embrasse dans Ses soins et Sa bonté, et qu’Il me donne le succès d’aspirer à leur raffinement. Puisse-t-il m’accorder l’honneur de suivre leurs traces bénies, car il est capable de toutes choses.
Ce passage reflète la profonde humilité et le respect d’al-Sadr pour ses professeurs et mentors, malgré son propre génie intellectuel.
Nous prions Allah de nous aider à libérer le potentiel de nos enfants, en les guidant avant tout pour qu’ils soient des serviteurs pieux d’Allah. En ces temps difficiles pour la communauté musulmane, et au milieu du bain de sang qui se poursuit au Moyen-Orient, nous nous souvenons des personnes exemplaires martyrisées et les pleurons. Qu’Allah élève leurs rangs et renforce leur héritage.
Sources : Rizwan Arastu, God’s Emissaries Adam to Jésus; Sayyid Muhammad Husayn Tabātabā’ī, Tafsīr al-Mīzān.