Bismillah.
وَلْتَكُن مِّنكُمْ أُمَّةٌ يَدْعُونَ إِلَى الْخَيْرِ وَيَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنكَرِ ۚ وَأُولَٰئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ
Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront.
Soūrate Āl ‘Imrān, n°3, Āyat 104
Dans ses propres mots bénis, l’Imam al-Husayn ‘alayhis-salām a exprimé plusieurs raisons pour son soulèvement contre Yazīd. Parfois, il expliquait son départ de La Mecque comme une mesure nécessaire pour préserver sa vie ; d’autres fois, il le présentait comme un moyen de protéger le caractère sacré du Haram (le sanctuaire sacré autour de la Ka’bah). Plusieurs de ses déclarations montrent clairement que son refus de prêter allégeance et sa décision de répondre à l’appel du peuple de Koufa étaient des actions délibérées, fondées sur l’accomplissement du devoir islamique d’interdire le mal (nahy ‘an al-munkar).
Parmi les déclarations d’al-Husayn, on trouve les suivantes :
- Lorsqu’il fit ses adieux à la tombe de son grand-père à Médine, il pria ainsi :
Ô Allah, voici la tombe de Ton prophète Muhammad, et je suis le fils de la fille de Ton prophète. Tu sais ce qui m’est arrivé. Ô Allah, j’aime ce qui est juste (ma’rūf) et je rejette ce qui est injuste (munkar). - Dans son testament adressé à son frère Muhammad ibn al-Hanafiyya, il écrivit :
En vérité, je ne me suis pas soulevé par arrogance, par orgueil, par désir de corruption ou d’oppression. Je me suis plutôt élevé pour chercher à réformer la nation de mon grand-père (que la paix et les bénédictions soient sur lui et sa famille). J’ai l’intention d’ordonner ce qui est juste et d’interdire ce qui est mauvais, et de suivre la voie de mon grand-père et de mon père, Ali. - D’autres déclarations, telles que sa lettre aux chefs de tribus de Bassorah et son discours à son entrée dans la région de Karbala, bien qu’elles n’utilisent pas explicitement l’expression nahy ‘an al-munkar, incarnent le même principe de lutte contre l’injustice et d’engagement en faveur d’une réforme morale.
Le verset ci-dessus, tiré de la sourate Āli Imrān, appelle les musulmans à respecter ce devoir social essentiel qui consiste à enjoindre le bien et à interdire le mal (amr bil-ma’rūf wa nahy ‘an al-munkar). Cette responsabilité est un mécanisme fondamental grâce auquel une société islamique préserve son cadre moral et sa compréhension collective. Une société islamique se caractérise par des actions et des valeurs qui s’alignent sur la vision du monde de l’Islam, telles que la modestie, qui se reflète dans les formes de vêtements autorisées, ou la justice, qui se traduit par la distribution légale des richesses. En revanche, des pratiques telles que les vêtements impudiques, l’usure (les intérêts) et la corruption sont interdites. Ces actions extérieures apparentes ne sont pas arbitraires ; elles reflètent des croyances et des valeurs plus profondes, enracinées dans les enseignements islamiques.
Lorsque les lois et les normes sociales ne reflètent plus ces valeurs, ces croyances s’estompent progressivement de la conscience publique. Il existe une forte interaction entre la connaissance et l’action : une bonne compréhension motive une action juste et une action juste, en particulier lorsqu’elle est mise en pratique par les membres de la communauté, sert à éduquer et à inspirer les autres. En gardant cela à l’esprit, l’importance de cette responsabilité devient évidente. Non seulement elle contribue à corriger les comportements nuisibles, mais elle sert également à préserver les valeurs et les croyances fondamentales qui définissent le mode de vie islamique.
Nos marāji (autorités religieuses) ont défini les détails et les limites de la manière dont cette obligation doit être remplie. Comme le montre la vie de l’Imam al-Husayn (a), il arrive que ce devoir exige plus que le simple fait d’exprimer son désaccord ou d’offrir une correction verbale. Dans certaines circonstances, il exige un sacrifice et une action plus importants.
Nous prions Allah de nous accorder la compréhension de ces profondes responsabilités islamiques et la sagesse nécessaire pour les mettre correctement en œuvre dans nos vies. Nous Le supplions, au nom de l’Imam al-Husayn (a) dont nous nous souvenons et que nous pleurons en ces jours, de nous compter parmi ceux qui vivent dans la piété et respectent les enseignements complets de l’Islam.
Sources: ‘Allāmah Tabātabā’ī, Tafsīr al-Mīzān; Āyatullāh Sa’ādat Parvar, Fūrugh-e Shahādat.