Bismillah.
فَمَنْ حَآجَّكَ فِيهِ مِن بَعْدِ مَا جَاءكَ مِنَ الْعِلْمِ فَقُلْ تَعَالَوْاْ نَدْعُ أَبْنَاءنَا وَأَبْنَاءكُمْ وَنِسَاءنَا وَنِسَاءكُمْ وَأَنفُسَنَا وأَنفُسَكُمْ ثُمَّ نَبْتَهِلْ فَنَجْعَل لَّعْنَةُ اللّهِ عَلَى الْكَاذِبِينَ
A ceux qui te contredisent à son propos, maintenant que tu en es bien informé, tu n’as qu’à dire : « Venez, appelons nos fils et les vôtres, nos femmes et les vôtres, nos propres personnes et les vôtres, puis proférons exécration réciproque en appelant la malédiction d’Allah sur les menteurs. »
Sūrat Āli Imrān, No.3, Āyat 61
Ce passage est un rappel de l’événement de la Mubāhalah, un moment décisif vers la fin de la mission du Prophète Muhammad. Lors de cet événement, le Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wa-sallam reçut l’ordre de faire venir ceux qui lui étaient les plus proches afin d’invoquer le jugement de Dieu contre les menteurs.
Il choisit l’Imām ‘Alī, Bībī Fātimah et ses deux petits-fils al-Hasan et al-Husayn ‘alayhimus-salām. Le choix de ces personnes, en particulier l’Imām ‘Alī (a), désigné dans le verset comme l’âme (nafs) du Prophète, indique sa supériorité spirituelle et morale. Le fait qu’Imām ‘Alī soit qualifié d’âme du Prophète suggère qu’il partage toutes les qualités du Prophète, à l’exception de la prophétie. Cela rejoint le célèbre hadith dans lequel le Prophète (s) compare sa relation avec ‘Alī (a) à celle entre Mūsā (a) et Hārūn (a), en soulignant toutefois : « sauf qu’il n’y a pas de prophète après moi » (Sahīh al-Bukhārī, hadith 4416).
Zamakhsharī, dans al-Kashshāf, affirme : Ce verset constitue la preuve la plus solide de la vertu des Gens de la Couverture (Ahl al-Kisā’), et il comporte également la preuve de la véracité de la mission du Prophète, puisque personne n’amènerait ses proches les plus chers à une telle confrontation à moins d’être véridique.
Al-Ma’mūn interrogea l’Imām ‘Alī al-Ridā ‘alayhis-salām au sujet du plus grand mérite de l’Imām ‘Alī (a) dans le Coran. L’Imām répondit : Son mérite dans l’événement de la Mubāhalah ; le Prophète appela al-Hasan et al-Husayn en tant que ses fils, il appela Fātimah comme représentante des femmes dans ce verset, et il appela ‘Alī qui est, selon le décret divin, l’âme du Prophète. Il n’existe aucune créature supérieure au Prophète ; par conséquent, selon le décret divin, il ne peut exister aucune créature supérieure à l’âme du Prophète. (Al-Mufīd, al-Fusūl al-mukhtāra, p. 38).
Ce verset fut révélé après de longs débats et une exposition claire de la vérité à la délégation chrétienne de Najrān, en particulier au sujet de la nature du Prophète ‘Īsā ‘alayhis-salām. Malgré les preuves coraniques, la délégation persista dans son déni. Allah ordonna alors au Prophète (s) d’entamer la Mubāhalah, une fois que la vérité eut été pleinement transmise, soulignant ainsi une apogée spirituelle où les paroles avaient échoué et où le témoignage divin devait intervenir.
Cela s’aligne directement avec le Hadith al-Thaqalayn, dans lequel le Prophète (s) déclara : « Je laisse parmi vous deux choses précieuses : le Coran et mon Ahlul Bayt. Si vous vous attachez aux deux, vous ne vous égarerez jamais » (Sahīh Muslim, hadith 2408a). L’épisode de la Mubāhalah devient une illustration vivante de ce hadith : le Coran exposa la vérité, et lorsqu’elle fut rejetée, les Ahl al-Bayt (a) se tinrent aux côtés du Prophète (s), montrant ainsi que le Coran et sa famille purifiée sont des guides inséparables de la vérité.
L’événement illustre également avec force l’aura divine et l’autorité morale des Cinq Saints. Lorsque les gens de Najrān virent qui le Prophète (s) avait amené non pas des soldats, des savants ou des chefs tribaux, mais les membres les plus proches de sa famille, ils furent saisis de crainte et de respect. Ils comprirent que si ces personnes appelaient à la Mubāhalah, elles ne pouvaient qu’être véridiques, au point que les chrétiens renoncèrent au défi et choisirent de payer la jizya à la place (Tabarsī, Majma‘ al-Bayān ; Ibn Sa‘d, Tabaqāt).
Leur retrait constitue un aveu silencieux que le Prophète et sa famille étaient du côté de la vérité divine, et que s’engager dans la Mubāhalah avec eux aurait entraîné la colère divine. Cela met en évidence non seulement leur véracité, mais aussi la supériorité morale et spirituelle des Ahlul Bayt (a) sur tous les autres, puisque leur seule présence suffit à empêcher la confrontation et à clore le débat.
Nous prions Allah ‘azza wa-jall de nous compter parmi les véritables partisans du Thaqalayn, et qu’Il vienne en aide aux opprimés, en particulier au peuple résilient de Palestine et d’Iran.
Sources: Abul Qasim al-Zamakhsharī, Al-Kashshāf ; Ahmad Ibn Abi Tālib al Tabarsī, Majma‘ al-Bayān ; Muhammad ibn Ismaī’l al-Bukhārī, Sahīh ; Muhammad Ibn Muslim Nashaypūrī, Sahīh ; Muhammad Ibn Sā‘d, Tabaqāt al Kubrā ; Shaykh al-Mufīd, al-Fusūl al-mukhtāra.