Réflexion coranique n° 533 : Āyāt 30:2-4 : La victoire des Byzantins : une prophétie accomplie

Bismillah.

غُلِبَتِ الرُّومُ‏ فِي أَدْنَى الْأَرْضِ وَهُم مِّن بَعْدِ غَلَبِهِمْ سَيَغْلِبُونَ‏ فِي بِضْعِ سِنِينَ

 Les Romains ont été vaincus dans une contrée proche ; mais après leur défaite, ils seront victorieux, dans quelques années.

Sourate Ar-Rūm, n° 30, versets 2–4

Au moment où l’Islam émergeait dans la péninsule arabique, deux superpuissances dominaient la scène mondiale : l’Empire Sassanide de Perse (iranien) et l’Empire Byzantin, héritier oriental de l’antique Empire romain. Les Sassanides suivaient le zoroastrisme et régnaient sur des territoires correspondant aujourd’hui à l’Iran et à l’Irak.  Leur capitale était Mada’in, cité d’une importance considérable à l’époque, qui perdit plus tard de son éclat lorsque les Abbassides fondèrent Bagdad à proximité, entraînant son abandon progressif.


Quant à l’Empire byzantin, il représentait la continuité orientale de Rome. Les Byzantins étaient chrétiens, et leur centre vital comprenait une grande partie de l’actuelle Turquie. Leur capitale était Constantinople, ville appelée à devenir plus tard Istanbul.


Au début du VIIᵉ siècle de l’ère chrétienne, alors que le message de l’Islam commençait à se répandre à travers l’Arabie, une série d’événements dramatiques se déroula entre ces deux empires rivaux. En 590, le roi Sassanide Khosrow II (Parviz) fut temporairement renversé par une rébellion. Deux ans plus tard, grâce au soutien militaire de l’empereur byzantin Maurice, il retrouva son trône. Cependant, en 602, l’empereur Maurice fut assassiné et remplacé par un général nommé Phocas. Saisissant l’occasion et peut-être animé par le désir de venger la mort de Maurice, Khosrow lança une vaste campagne militaire contre les Byzantins.

L’offensive perse fut d’une efficacité redoutable et, au cours de la décennie suivante, leurs victoires continuèrent de s’accumuler. Durant la décennie suivante, les victoires s’enchaînèrent. En 614, les Perses conquirent la Syrie et la Palestine, capturant même la croix chrétienne vénérée, considérée comme celle utilisée lors de la crucifixion de Jésus, qu’ils emportèrent en triomphe. En 618, ils prirent l’Égypte.

À ce moment-là, la puissance perse atteignait son apogée la plus grande qu’elle ait connue depuis l’empire achéménide, plus de 900 ans auparavant. Leur empire s’étendait de l’Afrique du Nord aux frontières de la Chine. Les Byzantins, en revanche, étaient en état d’effondrement : encerclés, affaiblis et financièrement ruinés.

C’est précisément dans cette période, environ la huitième année après la bi’thah (le début de la mission prophétique) que la sourate Ar-Rūm fut révélée. Dans les premiers versets de cette sourate, le Coran annonça que malgré leurs défaites écrasantes, les Byzantins remporteraient bientôt une nouvelle victoire. Une telle prédiction paraissait alors inconcevable.

Quelques années auparavant, au début des succès iraniens, l’empereur byzantin Phocas, profondément impopulaire, avait été renversé par Héraclius, un chrétien fervent. L’empire, en particulier la population chrétienne, était désespéré sous l’occupation perse, et l’ascension d’Héraclius était considérée comme une lueur d’espoir. Même des souverains chrétiens lointains, tels qu’al-Najāshī (le Négus d’Abyssinie), exprimèrent leur soutien.

On rapporte qu’il fit le vœu suivant : si les Byzantins triomphaient des Perses, il marcherait à pied de l’Afrique à Jérusalem, et il tint plus tard cette promesse.

L’Église byzantine apporta alors son soutien à Héraclius, faisant de généreux dons pour financer l’effort de guerre. En 622, le vent commença à tourner. Héraclius lança une contre-offensive audacieuse, menant personnellement l’armée vers le nord à travers l’Arménie et dans le territoire perse. Ses forces infligèrent plusieurs coups décisifs aux Perses. Il forgea également une alliance avec les Turcs, ouvrant un nouveau front contre les Sassanides. 

Dans l’un des moments les plus symboliques de la campagne, Héraclius marcha sur le temple sacré du feu zoroastrien d’Ādur Gušnasp et le détruisit. La croix qui avait été prise auparavant par les Perses fut récupérée et ramenée triomphalement à Jérusalem.

La victoire finale et décisive des Byzantins eut lieu en 625 de notre ère, coïncidant avec la deuxième année après l’Hégire (2 AH), la même année où les musulmans remportèrent la victoire de la bataille de Badr. Dans un alignement d’événements vraiment remarquable, la prophétie de Sūrat al-Rūm et le triomphe des musulmans en Arabie se réalisèrent presque simultanément !

La prédiction contenue dans le verset ci-dessus s’est réalisée, prouvant qu’elle venait véritablement de Dieu seul. Aucun être humain n’aurait pu prévoir le cours des événements et affirmer avec certitude la victoire des Byzantins. C’est une preuve supplémentaire que les paroles du Coran ne venaient pas du Prophète (s) lui-même. Que le Tout-Puissant nous aide à comprendre la nature miraculeuse du Coran.

Sources: Muhammad Husayn Wakīlī, Bī Nihāyat; Ayatullah Makārim Shīrāzī, Tafsīr-e Namūneh