Bismillah.
ذَٰلِكَ فَضْلُ اللَّهِ يُؤْتِيهِ مَن يَشَاءُ ۚ وَاللَّهُ ذُو الْفَضْلِ الْعَظِيمِ
Telle est la grâce d’Allah qu’Il donne à qui Il veut. Et Allah est le Détenteur de l’énorme grâce.
Sūrat al-Jumu‘ah No. 62, Āyat 4
Le verset ci-dessus, tiré de la sourate al-Jumu‘ah, fait suite à la mention par Allah de Sa faveur envers les Arabes illettrés (ummiyyūn) : comment Il leur a envoyé un messager issu de leur propre peuple, chargé de réciter Ses versets, de les purifier et de leur enseigner le Livre et la sagesse. Dans ce verset, Allah ‘azza wajall décrit explicitement l’envoi du Prophète comme un fadhl, une faveur, un supplément ou une grâce divine. Il précise également que cette grâce est accordée à qui Il veut.
Cette notion de ‘Volonté divine’ mérite réflexion. La Volonté d’Allah n’est ni arbitraire ni en conflit avec le libre arbitre humain. Au contraire, la volonté humaine fonctionne dans le cadre de la volonté globale d’Allah. Allah subhānahu wata’ālā est Celui qui a créé les êtres humains et leur a donné la capacité de choisir. Il a créé leur intellect, leur environnement et les conditions nécessaires au choix et à l’action. Par conséquent, si les actions sont à juste titre attribuées aux êtres humains, elles peuvent également être attribuées à Allah (swt). Cette double attribution est magnifiquement exprimée dans les paroles de l’ami d’Allah, Ibrāhīm (que la paix soit sur lui), qui a dit:
وَاللَّهُ خَلَقَكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ
alors que c’est Allah qui vous a créés, vous et ce que vous fabriquez ? (Q 37:96)
Ici, le verset attribue des actions aux personnes auxquelles s’adresse Ibrāhīm, tout en affirmant simultanément que ces actions sont créées par Allah.
Pour en revenir au verset de la sourate al-Jumu‘ah, la prophétie est présentée comme une faveur divine accordée à un individu spécifique, Muhammad sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam. Bien qu’il s’agisse sans aucun doute d’une grâce d’Allah, elle n’est pas aléatoire. Elle ne nie pas la profonde dignité du Prophète (s), dont la lignée était pure, dont le caractère moral était sans égal et qui était prêt à porter le poids de cette responsabilité divine. Allah Tout-Puissant, dans Sa connaissance et Sa sagesse parfaites, a choisi celui qui était le plus apte à recevoir la révélation finale.
De même, si nous comprenons ce verset comme faisant référence à la faveur d’Allah envers les Arabes, de nouveau nous assistons à la fois à un don divin et à une démonstration de la sagesse divine. Les Arabes possédaient une langue riche et éloquente qui est devenue le moyen d’expression idéal pour le Coran. Bien qu’ils ne disposaient pas d’une civilisation développée ni d’une culture structurée et qu’ils se trouvaient, comme le décrit le Coran, dans « un égarement évident », ils étaient néanmoins mûrs pour une transformation. En fait, c’est peut-être leur simplicité et leur absence de bagage culturel rigide qui les ont rendus plus aptes à abandonner le mensonge et à embrasser sans réserve la vérité de l’Islam. C’est ainsi qu’ils sont devenus les vecteurs du message final d’Allah au monde.
Nous prions pour qu’Allah nous accorde la capacité d’incarner la pureté de ce message dans nos propres vies et de le transmettre avec sincérité, tout comme ceux qui l’ont fait du vivant du Prophète (s).
Sources: Āyatullāh Khamenei, Tafsir-e Sūra-ye Jumu’eh.