Bismillah.
Le Messager de Dieu (s) lui a dit : « Ô Jābir, voici le mois de Ramadān : celui qui jeûne durant le jour, accomplit une partie de la prière nocturne, garde son ventre et ses parties intimes de tout mal, et maîtrise sa langue, ses péchés sortent de lui comme ils sortiraient à la fin du mois. » Jābir dit : « Ô Messager de Dieu, quel beau hadith ! » Le Messager de Dieu (s) répondit : « Ô Jābir, et quelles conditions strictes il impose ! »
al-Kāfī, vol., 4, p. 64
فَذَكِّرْ إِن نَّفَعَتِ ٱلذِّكْرَىٰ
Rappelle, donc, où le Rappel doit être utile.
Sūrat Al-A‘lā, No 87, Āyat 9
Il n’est pas rare qu’une personne éprouve de l’ennui ou de l’impatience lorsqu’elle écoute des discours qui lui paraissent répétitifs. Lorsque le contenu semble familier, on pourrait remettre en question la valeur de telles paroles. Cependant, le Coran affirme que les rappels ont une grande valeur et peuvent avoir un effet significatif sur l’âme. Dans la sourate Al-A‘lā, Allah ‘azza wa jall dit au Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam : Rappelle, donc, où le Rappel doit être utile.
Le mot fadhakkir provient de tadhkīr, qui signifie rappeler et attirer l’attention. C’est un ordre adressé au Prophète (s) de continuer à rappeler et à exhorter les gens. Le mot « rappeler » est utilisé plutôt que « enseigner » ou « instruire », car les êtres humains possèdent déjà le savoir du bien et du mal dans leur cœur. Le Tout-Puissant a gravé les principes du Tawhīd et les fondements de l’Islam dans la nature originelle ou fitrah des êtres humains. Lorsque ces principes leur sont présentés, ils ont l’impression de les connaître et d’en être tout simplement devenu négligents. Ainsi, rappeler ne consiste pas à enseigner quelque chose de nouveau, mais à rappeler ce qui est déjà connu, afin d’y réfléchir davantage.
L’Imam ‘Alī ‘alayhi-s-salām met l’accent sur le rôle des prophètes dans le rappel des vérités aux gens. Dans le premier sermon du Nahj al-Balāghah, l’Imam (a) dit qu’Allah subhānahu wa ta‘ālā a envoyé les prophètes afin qu’ils réclament aux gens le pacte de leur nature innée… et qu’ils fassent surgir pour eux les trésors enfouis de l’intellect.
On pourrait se demander si les rappels sont nécessaires. Parfois, ils le sont en raison de l’oubli. Mais bien souvent, ils sont nécessaires à cause de l’inattention (ghaflah). Le Coran dit :
يَعْلَمُونَ ظَاهِرًا مِّنَ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَهُمْ عَنِ الْآخِرَةِ هُمْ غَافِلُونَ
Ils connaissent un aspect de la vie présente, tandis qu’ils sont inattentifs à l’au-delà. (Q 30:7)
Shahid Murtadhā Mutahharī propose une analogie éclairante pour illustrer le véritable but d’un rappel. Il décrit un scénario dans lequel un piéton serait en train de marcher dans la rue, absorbé dans ses pensées et inconscient de son environnement. Soudain, une voiture fonce vers lui de la direction opposée. Ne se rendant pas compte du danger, le piéton continue de marcher. À cet instant critique, quelqu’un lui crie : « Attention ! » Cet avertissement bref mais saisissant agit comme un électrochoc. Le piéton devient instantanément vigilant, comme si ses yeux s’ouvraient. Conscient du danger, il réagit rapidement pour se mettre à l’abri. Cet exemple illustre comment un rappel sincère peut sortir une personne de la négligence (ghaflah) et la ramener à la vigilance et à la sécurité.
La négligence provient souvent d’un attachement excessif à la vie matérielle. Des modes de vie chargés, remplis d’occupations et de distractions constantes, peuvent entraver la croissance spirituelle. C’est pourquoi les rappels divins deviennent nécessaires et efficaces. Les prophètes d’Allah jouent ici un rôle essentiel. Ils ne sont pas seulement des messagers, ce sont des individus envoyés par Allah (swt) pour raviver la fitrah par les rappels et l’exhortation.
Nous prions le Tout-Puissant de permettre à nos cœurs de répondre aux rappels divins en temps voulu et de ne pas nous compter parmi les négligents. Nous continuons également de prier pour ceux qui souffrent dans le monde. Qu’Allah hâte la réapparition de l’Imam Al-Hujjah ‘ajjallāhu farajah.
Sources : Āyatullāh Nāsir Makārim Shirāzī (Ed.), Tafsīr-e Namūneh; Imam Ali bin Abū Tālib (a), Nahjul Balāghah; Shahīd Murtadā Mutahharī, Āshnā’i Bā Qur’ān, Sh. Mohammad Saeed Bahmanpour/Dr. Tahir Ridha Jaffer (Eds.), Tafsīr Tadabbur Al-Qur’an.