Bismillah.
Et al-Ṣādiq (que la paix soit sur lui) a dit : « Celui qui jeûne trois jours à la fin du mois de Shaʿbān et les enchaîne avec le mois de Ramaḍān, Dieu — le Très-Haut — lui inscrit la récompense du jeûne de deux mois consécutifs. »
Wasā’il al-Shī’ah, vol. 10, p. 504
وَإِذِ ابْتَلَىٰ إِبْرَاهِيمَ رَبُّهُ بِكَلِمَاتٍ فَأَتَمَّهُنَّ ۖ قَالَ إِنِّي جَاعِلُكَ لِلنَّاسِ إِمَامًا
Allah a favorisé les uns d’entre vous par rapport aux autres dans (la répartition) de Ses dons. Ceux qui ont été favorisés ne sont nullment disposés à donner leur portion à ceux qu’ils possèdent de plein droit (esclaves) au point qu’ils deviennent associés à part égale. Nieront-ils les bienfaits d’Allah ?
Sūrat al-Nahl, No. 16, Āyat 71
Bien que l’Islam soit centré sur les réalisations spirituelles de l’homme, il ne néglige pas ses besoins dans ce monde. Ces besoins incluent les moyens de subsistance ainsi que la quantité que chaque personne reçoit. Le verset ci-dessus nous donne un aperçu de la subsistance selon la perspective divine.
- Inégalité dans la subsistance : Allah ‘azza wajall a délibérément créé des différences dans la subsistance (rizq) entre les gens. Ces différences sont une épreuve et font partie de Sa sagesse divine. L’histoire a prouvé que la redistribution forcée de la richesse est tout aussi défaillante qu’un système de forces de marché libres et non régulées. Le concept coranique est un moyen équilibré qui récompense le travail acharné tout en mettant l’accent sur la responsabilité des riches d’aider ceux qui sont moins favorisés : C’est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente, et qui les avons élevés en grades les uns sur les autres, afin que les uns prennent les autres à leur service. La miséricorde de ton Seigneur vaut mieux, cependant que ce qu’ils amassent (Q 43:32). Ce verset souligne l’interdépendance des êtres humains, ainsi que l’expression de vertus telles que la générosité et la patience, mettant à l’épreuve à la fois ceux qui ont plus et ceux qui ont moins.
- L’incohérence humaine : Le verset met en évidence une contradiction dans le comportement humain. Bien que les gens eux-mêmes ne partageraient pas équitablement leur richesse avec leurs esclaves (ou subordonnés), ils remettent paradoxalement en question pourquoi Allah subhānahu wata‘ālā a créé des différences dans la subsistance entre les gens. En ne reconnaissant pas que les différences dans la subsistance viennent d’Allah et en exigeant l’égalité d’une manière qui ignore la sagesse divine, les gens nient essentiellement Ses bénédictions et Sa sagesse.
Dans de nombreuses sociétés à travers le monde, nous voyons les effets des forces du marché incontrôlées qui encouragent l’accumulation de richesse, l’évasion fiscale et l’augmentation des super-riches, tandis que les gens ordinaires luttent pour répondre à leurs besoins quotidiens. D’un autre côté, l’autre extrême de la redistribution forcée mène à la pauvreté de masse et à l’insoutenabilité, car il n’y a pas d’incitation au travail acharné pour gagner sa vie. Comme toujours, les lois divines trouvent l’équilibre, en encourageant les riches à être généreux tout en interdisant strictement l’accumulation de richesse et le luxe inutile, et en encourageant le travail acharné pour maintenir l’économie à flot. Dans un hadith célèbre, du Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam, cité tant dans les collections chiites que sunnites :
أَعْطُوا الأَجِيرَ أَجْرَهُ قَبْلَ أَنْ يَجِفَّ عَرَقُهُ
Donnez au travailleur son salaire avant que sa sueur ne sèche (Sunan Ibn Majah, H 2443, Mustadrak al-Wasā’il, 14:29).
Cette instruction du Prophète sallallāhu ‘alayhi wa-ālihi wasallam souligne l’importance du travail acharné et la signification d’une compensation rapide pour le travail. Un tel concept trouve l’équilibre entre le travail acharné et la redistribution de la richesse, ce qui est la clé d’une économie qui incite à l’entreprise tout en offrant en même temps un filet de sécurité pour les moins favorisés de la société.
La Fête du Travail ou Journée des Travailleurs, célébrée le 1er mai, a été à l’origine instaurée pour honorer les travailleurs manuels, en particulier ceux qui ont lutté pour des pratiques de travail justes, comme la journée de travail de 8 heures. Cependant, dans de nombreux pays aujourd’hui, la Journée du Travail est devenue plus une fête symbolique ou bureaucratique qu’un événement véritablement lié aux droits des travailleurs. Les travailleurs de col blanc (souvent salariés, syndiqués ou employés par le gouvernement) bénéficient des congés officiels, tandis que les travailleurs de col bleu ou informels (comme les domestiques, électriciens, chauffeurs, etc.) ne peuvent souvent pas se permettre de prendre un jour de congé, surtout en l’absence de protections légales ou de congés payés.
Que ce verset, et d’autres versets similaires, nous rappellent la sagesse derrière les différences dans la subsistance entre les gens. La richesse et la pauvreté sont toutes deux des épreuves, chacune nécessitant un certain type de réponse et de comportement. Ne soyons pas arrogants ni ingrats et souvenons-nous particulièrement de ceux qui sont moins bien lotis que nous, tant en matière de richesse que de sécurité. Qu’Allah (swt) protège tous les croyants, en particulier les peuples résilients de la Palestine.
Sources: Ibn Majah al-Qazwinī, Sunan Ibn Majah; Mirza Husayn Muhaddith Nuri, Mustadrak al-Wasā’il