Réflexion Coranique N°223. Āyat 30 :22 – Les différences lors de la création des êtres humains

وَمِنْ آيَاتِهِ خَلْقُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلَافُ أَلْسِنَتِكُمْ وَأَلْوَانِكُمْ
Wamin āyātihi khalqus-samāwāti wal-ardhi wakhtilafu alsinatikum wa-alwānikum
Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre et la variété de vos idiomes et de vos couleurs. Il y a en cela des preuves pour les savants.
(Soūrat al-Roūm, No 30, Āyat 22)

 

L’égalité sociale est une question importante abordée dans le Coran. Tous les gens sont créés par Allah ‘azza wajall et reçoivent des qualités différentes. Selon ce verset, les différences entre les êtres humains sont un signe de la grandeur d’Allah le Tout-Puissant. C’est le plan de Dieu. Les différences entre les êtres humains facilitent la reconnaissance et la distinction et contribuent à la construction du système social. Tafsir-e Namoūne cite Fakhrouddin al-Rāzī qui a dit que l’identification des différences entre les êtres humains peut se faire à travers les yeux par la perception des différents visages, couleurs et apparences, ainsi que par les oreilles en distinguant les voix et les tons. Les oreilles reconnaissent également les diverses langues parlées par les êtres humains.

Il ne peut y avoir aucun mérite de supériorité pour l’être humain dans quelque chose qu’Allah soubhānahou wata’āla a conçu et dans lequel il n’a joué aucun rôle. La race, la couleur, les origines, etc. n’ont aucun fondement permettant d’affirmer une supériorité sur les autres. Le Saint Prophète sallal-lāhou ‘alayhi wa-ālhi wasallam a appris aux musulmans à considérer l’autre comme son égal. Les Arabes de son temps étaient très fiers de leurs ancêtres. Les gens se vantaient d’être issus d’une branche d’une des tribus les plus connues, comme celle de Qouraysh. Le Prophète(s) leur a dit : Ô les hommes ! Allah a certainement supprimé l’orgueil et la vanité qui existaient en vous au temps de l’Ignorance vis-à-vis de vos ancêtres. Vous venez tous d’Adam (le prophète) et Adam a été créé de terre. Le meilleur serviteur d’Allah est certainement celui qui a conscience de Lui. (al-Kāfī, v.8, p. 246)

Les Arabes de l’époque se croyaient meilleurs que les autres races. Le Prophète(s) leur a expliqué : Maintenant, il est certain que le fait d’être arabe n’est pas la base de votre personnalité ni une partie de votre essence, c’est plutôt la langue que vous parlez. Donc, si quelqu’un est négligent dans ses actions, la fierté qu’il tire de son père (qui est arabe) ne l’aidera pas le moins du monde et ne compensera pas les défauts de ses actions. (Ibid)

Le Prophète (s) a également dit : Il est certain que toute l’humanité – depuis l’époque d’Adam jusqu’à nos jours – est comme les dents d’un peigne (toutes égales les unes aux autres) et qu’il n’y a pas de supériorité pour un Arabe sur un non-Arabe et ni de supériorité pour une personne à la peau rouge sur une personne à la peau noire, sauf à travers la conscience d’Allah. (Traduit de l’anglais – Ikhtisās, p. 341 ; Bihār v. 22, p. 347)

Cela s’applique également aux communautés contemporaines. Aucune communauté n’est meilleure qu’une autre. Chacune a ses forces et ses faiblesses et seul Allah (swt) sait qui est meilleur que l’autre. La supériorité est basée sur les âmes et leurs actions, ce qui n’est connu que de Dieu. De nombreux actes de culte dans l’Islam sont destinés à éliminer le racisme et à promouvoir l’égalité. Il s’agit notamment de la prière de la congrégation, du Hajj, etc. Des musulmans de tous horizons, quel que soit leur statut social et financier, accomplissent ces actes ensemble. La lettre de Malcolm X lors de son départ pour le Hajj explique comment l’Islam a enlevé le racisme du cœur de ses adeptes par ces actes.

Ne laissons pas les différentes apparences et langues devenir un critère de supériorité ou d’infériorité entre les gens. Que ce verset nous rappelle que ces différences sont des signes pour nous rappeler d’Allah, le Créateur et Maître Planificateur de ces différences. C’est un motif d’émerveillement et de réflexion.

Sources : ‘Allāmah Muhammad Husayn Tabātabā’ī, Tafsīr al-Mīzān; Āyatullāh Nāsir Makārim Shirāzī (Ed.), Tafsīr-e Namūneh